Affaire Alexia Daval : la député Marlène Schiappa défend ses propos

Marlène Schiappa veut « alerter l’opinion sur le traitement sémantique » de l’affaire Daval

La secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes est revenue sur ses propos qu’elle ne regrette « pas du tout », elle réitère son « plus profond respect du droit de la défense » et demande de faire « preuve de très grande retenue dans les affaires de meurtres de femmes ou de viol ».

Interrogée sur la plainte contre le ministre des comptes Gérald Darmanin pour viol, elle n’avait pas voulu réagir aux accusations, mais s’était indigné contre les propos de la défense du mari d’Alexia Daval qu’elle a jugé « proprement scandaleux » dans leur mise en avant de la « personnalité écrasante » de la victime et avait sollicité « d’arrêter de trouver des excuses » aux « féminicides ». Elle se défend aujourd’hui en affirmant n’être « pas intervenue » dans l’affaire Daval, mais avoir « alerté l’opinion sur (son) traitement sémantique ».

Elle a ainsi déclaré sur BFMTV : « Je ne suis pas intervenue dans une affaire judiciaire, je n’ai pas commenté ni une plaidoirie d’avocat ni une décision de justice. En revanche, j’ai alerté l’opinion sur le traitement sémantique et médiatique qui est réservé à “toutes les affaires” dans lesquelles les femmes sont victimes ».

Le délégué général de LREM et ministre des Relations avec le parlement avait réagi le lendemain en considérant qu’« un ministre n’a pas à commenter une affaire judiciaire ». La réponse de Schiappa n’a pas tardé puisqu’elle a déclaré suite à cela : « J’ai commenté un article » qui « renverse la responsabilité », elle a assuré avoir un « profond respect pour les droits de la défense ». « Ce n’est pas pour l’affaire Daval en particulier, c’est quelque chose de général que j’ai toujours dénoncé […] Ce qui m’intéresse, c’est quel message est envoyé aux femmes qui sont victimes de viols et de violences et comment elles intériorisent le fait que potentiellement, elles pourraient elles-mêmes être responsables des violences qu’elles subissent ».

Elle a ajouté qu’elle considérait faire son travail en commentant l’affaire : « C’est une question d’analyse et de combat culturel […] c’est la lettre de mission que m’a donnée le Premier ministre » et, « pour cela, j’ai deux armes, l’action publique et la parole publique », qui « permet d’alerter ». Elle ajoute que « ce n’est pas la défense que j’ai jugé scandaleuse, c’est cette ligne, le victim-blaming ».

Elle reconnait cependant avoir commis « un abus de langage » en utilisant le terme « assassinat » au lieu de « crime ou meurtre » dans son commentaire. L’assassinat en droit fait référence à un meurtre avec préméditation.

Elle souligne qu’elle « voulait alerter, à chaque fois qu’une femme est violée, on lui dit qu’est-ce que vous faisiez toute seule dans la rue en mini-jupe. Pourquoi vous étiez dans la rue à 3 heures du matin ? Et on lui demande de se justifier et c’est ce seuil de tolérance de la société aux violences sexistes et sexuelles que j’appelle à abaisser et à revoir, et ça passe par le traitement journalistique ».

Tags

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page

Adblock détecté

S'il vous plaît envisager de nous soutenir par désactiver votre bloqueur de publicité.