Polémique autour d’un magasin Celio qui déchire ses invendus

Un sans-abri écœuré déclare « quand je vois ça, ça me dégoûte »

Des internautes sont scandalisés par la pratique de l’enseigne Celio à Rouen qui a lacéré des vêtements invendus et les a jetés à la poubelle. Un inconnu a utilisé ces bouts de tissus découpés pour les accrocher aux grilles du magasin. Une passante a partagé la photo de la façade du magasin ainsi « ornée » sur Facebook, la photo a ensuite été partagée plus de 16 000 fois.

On pouvait lire en commentaire de la photo :

« Exposition de la poubelle de Celio, rue du Gros Horloge à Rouen. (Artiste inconnu).

Celio jette ses vêtements invendus. Il y a dehors des gens qui meurent de froid, qui n’ont pas moyens de s’acheter de quoi se vêtir décemment… et Celio jette des vêtements. Bien entendu en prenant bien soin de lacérer chaque pièce… des fois qu’un “horrible nécessiteux” voudrait profiter de la poubelle de luxe de ce magasin.

La dernière fois rue du Gros Horloge, c’est l’enseigne Courir qui jetait ses chaussures après avoir bien entendu lacéré au cutter chaque pièce. Il y a des gens qui dormaient dans la rue à 30 mètres… »

La pratique serait donc courante. L’enseigne de prêt-à-porter s’est défendues en affirmant que les « les produits détruits concernent uniquement des articles totalement importables : trous, déchirures, grosses taches indélébiles », elle rajoute qu’elle soutient l’association ADN, Agence du don en nature, « par des dons réguliers de produits » qui sont redistribués « à plus de 750 associations ».

Les sans-abris, que ce genre de pratiques écoeurent disent être habitué de les voir un peu partout dans l’Hexagone, France Bleu Normandie a recueilli le témoignage de l’un d’entre eux, Bob qui déclare « Je suis moi-même dans la galère et quand je vois ça, ça me dégoûte. Je suis estomaqué. […] J’aurais forcément été fouiller, bien sûr, pour récupérer deux trois trucs. Je n’ai pas trouvé de vêtements d’enseigne. À chaque fois, c’est jeté, c’est arraché, ce n’est plus portable ».

Manu vit dans la rue depuis 15 ans et estime quant à lui que c’est une mesure anti-mendicité, de l’acharnement de la part des commerçants qui ne la voient pas d’un bon œil : « Beaucoup de commerçants n’aiment pas les personnes qui font la mendicité. Alors elles sont peut-être capables de faire cela pour qu’on ne puisse pas les récupérer. Pourtant, un jour comme celui-là, cela nous aurait permis d’avoir chaud, d’être propres sur soi. »

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